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DIAGNOSTIC D'UNE PROTÉINURIE OU D'UNE GLOMÉRULOPATHIE |
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Le filtre glomérulaire laisse passer 2 à 3 g de protéines de faible poids moléculaire par jour. Elles sont réabsorbées à 90% dans les tubules. 10% (uniquement l'albumine) passe dans les urines et constitue une protéinurie physiologique de 100 mg/jour.
La protéinurie est généralement découverte sur un simple prélèvement d'urine grâce à une bandelette urinaire.
Les protéinuries intermittentes :
Il faut tout d'abord éliminer la protéinurie
orthostatique (intermittente) du sujet jeune (disparaît vers l'âge de 25 ans)
:
La matin, jeter les urines émises par le malade. Il doit rester couché et
boire 1 litre d'eau. Recueillir les urines émises au moins une heure après
avoir bu (échantillon 1). Le malade se lève et peut marcher, recueillir les
urines suivante (échantillon 2).
Si l'on trouve des protéines dans l'échantillon 2 et pas dans l'échantillon
1, il s'agit d'une protéinurie orthostatique, sans gravité.
On peut aussi rencontrer une protéinurie intermittente "d'accompagnement" dans le cas de pathologies virales, rickettsioses, endocardites ...
Après avoir éliminé la protéinurie
orthostatique, il faut ensuite pouvoir confirmer et préciser cette protéinurie
:
On réalise un prélèvement
d'urine de 24 heure et on dose les protéines par la méthode
à l'amidoschwartz. On réalise aussi une étude du culot
urinaire.
Différents cas se présentent alors :
1- Protéinurie > 3g/jour avec syndrome néphrotique : oedèmes, diminution des protéines totales sériques (< 60 g/l) et hyperlipémie (> 10-15 g/l). On peut aussi observer une oligurie.
2- Protéinurie > 3g/jour sans syndrome néphrotique :
3- Protéinurie < 1 g/jour :
4- Protéinurie entre 1 et 3 g/jour :
On peut retrouver toutes les étiologies des cas 1 à 3, mais plus particulièrement la glomérulonéphrite aiguë.
5- Chez la femme enceinte :
On retrouve particulièrement des pyélonéphrites aiguës et des dysgravidies. Se reporter à la partie consacrée aux examens à réaliser chez la femme enceinte.
Dans tous les cas, les malades doivent être particulièrement suivis, les rechutes sont fréquentes.
Glomérulonéphrite aiguë :
Atteinte glomérulaire transitoire survenant, en règle générale, après une angine à streptocoques :
10-20 jours après une angine, on observe des douleurs lombaires, une oligurie de couleur brune (hématurie), un oedème des paupières, une asthénie, une anémie et de la fièvre.
Examen urinaire : protéinurie, hématurie
La maladie guérit le plus souvent seule (surtout chez l'enfant). Dans certains cas, on note un passage vers la chronicité.
Glomérulonéphrite secondaire :
Associé à une maladie générale :
Amylose rénale, diabète sucré, Hodgkin, LED, thrombose des veines rénales, néphrose de la petite enfance...
Néphrose lipoïdique :
Syndrome néphrotique du jeune enfant. Pas d'hypertension. Oligurie, vomissements, diarrhées, altération de l'état général. Complications infectieuses fréquentes. Possibilité de thromboses veineuses.
Examen urinaire : protéinurie > 3g/jour sans hématurie.
Pyélonéphrites aiguës :
Néphrite infectieuse (bacilles Gram négatif, entérocoque) associant une infection du bassinet et une inflammation aiguë de l'épithélium rénal. Facteurs favorisants : grossesse, lithiase urinaire, hypertrophie prostatique, diabète sucré, sexe féminin.
Fièvre, frissons, céphalées, douleurs lombaires, urines troubles et mictions douloureuses
Examen urinaire : protéinurie, pyurie. La détermination de la famille du germe (coloration de Gram et aspect) permet d'orienter l'antibiothérapie (urgence thérapeutique). Sans traitement adéquat, évolue vers la pyélonéphrite chronique.
Pyélonéphrites chroniques :
Aussi appelée néphrite interstitielle chronique. Sclérose de l'interstitium rénal d'origine infectieuse, le plus souvent secondaire à une pyélonéphrite aiguë. Dans la grande majorité des cas, il y a un obstacle sur le trajet des voies urinaires.
Examen urinaire : protéinurie, infection urinaire récidivante, pyurie, bactériurie, signes d'insuffisance rénale évolutive associé ou non à une hypertension.
En cas de forte suspicion, il faut réaliser une radiographie ou une échographie des reins et des voies urinaires pour confirmer le diagnostic.
Traitement : anti-infectieux (ampicilline, gentamycine), chirurgical pour lever l'obstacle et traitement de l'insuffisance rénale et de l'hypertension.