DIAGNOSTIC D'UNE INSUFFISANCE RENALE

 

Trois types d'insuffisances rénales peuvent être distinguées :

 

INSUFFISANCE RENALE AIGUË (IRA) FONCTIONNELLE

Diminution de la perfusion rénale efficace entraînant une baisse de la filtration glomérulaire avec comme conséquence une oligurie, et, si elle est sévère et prolongée, un risque de nécrose tubulaire réalisant alors une insuffisance rénale aiguë organique. Les causes sont variées, allant de la déshydratation à la surcharge hydrosodée.

Examens d'orientation :

Examens de confirmation :

 

INSUFFISANCE RENALE AIGUË ORGANIQUE

Diminution rapide de la filtration glomérulaire, d'apparition ou d'aggravation récente, sans obstacle sur les voies urinaires ni caractère fonctionnel. La diurèse est le plus souvent diminuée. Les mécanismes en sont très variés mais dominés par la nécrose tubulaire aiguë. Les causes sont multiples.

Examens d'orientation :

Examens de confirmation :

 

INSUFFISANCE RENALE CHRONIQUE (IRC)

Diminution chronique de la filtration glomérulaire secondaire à une altération plus ou moins intense mais non réversible du parenchyme rénal. Nombreuses causes (vasculaires, glomérulaires, interstitielles). Les anomalies métaboliques en dehors de l'augmentation de l'urée et de la créatinine se voient surtout lorsque la clairance de la créatinine est inférieure à 50 ml/min.

Examens d'orientation :

Examens de confirmation :

Il s'agit surtout d'un faisceau d'arguments confirmé par la chronicité des signes cliniques et biologiques.

 

A titre d'illustration, voici le résumé d'un article paru en Décembre 1997 dans la revue Cahiers/Santé :

Épidémiologie de l’insuffisance rénale chronique sévère au Burkina Faso:

Une analyse rétrospective des patients hospitalisés à Ouagadougou a permis d’identifier 174 cas d’insuffisance rénale chronique sévère (créatininémie > 650 mol/l ou urée > 35 mmol/l). Il s’agissait de 110 hommes et 64 femmes âgés de 36 ± 15 ans. Les antécédents connus étaient une hypertension artérielle dans 53 cas, un diabète dans 3 cas et une goutte dans 3 cas. Les symptômes les plus fréquents ont été la dyspnée (55,2 % des cas), l’asthénie (78,2 %), les vomissements (63,2 %) , les œdèmes (66,1 %). La prévalence de l’hypertension artérielle était de 64,9 %. Les glomérulonéphrites chroniques étaient la cause de l’insuffisance rénale chronique dans 42,5 % des cas, les néphropathies vasculaires dans 23,6 %, les néphrites interstitielles chroniques dans 16,1 %, les néphropathies congénitales dans 3,4 % et les maladies non classées dans 14,4 %. L’ évolution de l’insuffisance rénale chronique a été compliquée par une insuffisance cardiaque dans 40,2 % des cas, une péricardite dans 31,6 % des cas, des hémorragies digestives (15 %) et des infections (22,4 %). La mortalité a été de 47,7 % au cours de l’hospitalisation.

Auteurs :A. Lengani, G. Coulibaly, M. Laville, P. Zech