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DIAGNOSTIC D'UNE INFECTION VAGINALE |
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Lien vers les MST
Introduction :
Une vaginite est un inflammation de la muqueuse vaginale, d'origine
infectieuse, caractérisée par deux signes cliniques principaux :
- Leucorrhées
- Irritation vulvo-vaginale
Pour rechercher l'étiologie de l'infection , procéder à un prélèvement
vaginal, puis
- Noter l'aspect, la quantité, la couleur et l'odeur des pertes. Noter
aussi la présence associée de dysurie, de brûlures mictionnelles, de
prurit vulvaire, de douleurs vulvo-vaginales... Noter aussi la date des
premiers symptômes (parfois longtemps avant la consultation).
- Réaliser un examen direct
entre lame et lamelle ainsi que 3 étalements
sur lame. L'examen direct doit être observé dans les 20 minutes qui
suivent le prélèvement.
- Colorer une lame au Giemsa
et une autre au Gram.
La dernière est gardée en réserve.
- Mesurer le pH vaginal sur la muqueuse de la paroi vaginale et réaliser un
test à la potasse.
Origine des leucorrhées chez une femme adulte
non ménopausée :
- Physiologique : puberté, congestion prémenstruelle, activité
sexuelle, grossesse
- Pathologique infectieuse : origine cervicale (gonococcie,
Chlamydiae, Herpes) ou origine vaginale (Candida, Trichomonas,
Gardnerella ...)
- Pathologique non infectieuse : Corps étranger, vaginite en
réaction à des antiseptiques, cancer ou polypes du col.
Un bon prélèvement permet de noter l'origine cervicale ou vaginale des
pertes
Flore
vaginale normale :
La flore vaginale normale contient des polynucléaires non altérés et en
petit nombre (moins de 5 / champ microscopiques à l'objectif 100), une flore de
Döderlein abondante (lactobacillus), quelques levures et quelques germes
communs sans prédominance.
Lactobacillus : bacilles Gram positifs
Principales infections vaginales :
- Les candidoses
- Les trichomonases
- Les gardnerelloses, mobiluncoses et peptococcoses (vaginites non
spécifiques appelées vaginoses, et provenant d'un déséquilibre de
la flore vaginale normale).
Trichomonases, candidoses et vaginoses sont de loin les étiologies
infectieuses les plus fréquentes. Juste Trichomonas et Candida
représenteraient à eux deux 50 à 60 % des étiologies des leucorrhées dans
les pays tropicaux.
On rencontre aussi :
- Les gonococcies
- Les infections à Mycoplasma et
Chlamydia
- Les infections à bactéries communes (entérobactéries, streptocoque, Haemophilus
influenzae)
- Les vaginites iatrogènes.
(voir les autres infections vaginales)
Trichomonases, candidoses et vaginoses :
- Trichomonas vaginalis :
A l'examen direct, on observe une forme végétative de taille à mobilité
caractéristique en boucles. Après coloration au Giemsa, on observe un
flagellé de 10 à 20 µm, avec un gros noyau antérieur, des flagelles (4
antérieurs et 1 postérieur) et un axostyle antéro-postérieur très
visible (voir photos).
- Candida albicans :
A l'examen direct, on observe de nombreuses levures bourgeonnantes,
accompagnées éventuellement de pseudo-mycelium. Après coloration de
Giemsa, on retrouve ces éléments mycéliens colorés en bleu. Des levures
peuvent être normalement présentes en faible quantité dans le vagin.
- Vaginoses :
A l'examen direct, on observe beaucoup de cellules épithéliales
recouvertes de très nombreux germes dont certains très mobiles en
"vol de moucherons" très évocatrices de Mobiluncus.
Après coloration de Gram, on observe de nombreux bacilles Gram - en amas ou
recouvrant les cellules généralement de genre Gardnerella.
La présence de fins bacilles Gram - incurvés évoque fortement le genre Mobiluncus
Tableau comparatif :
| |
Trichomonas |
Candida |
Vaginoses |
| Irritation vulvaire |
modérée |
importante |
Pas ou peu |
| Douleur vulvaire |
présente |
importante |
absente |
| Dysurie |
oui |
oui |
non |
| Vagin erythémateux |
oui |
oui + vulve |
pas ou peu |
| Leucorrhées |
profuses |
modérées |
modérées |
| Couleur des pertes |
verte |
blanc crème |
gris clair caract. |
| Consistance des pertes |
aqueuse, mousseux, nauséabond |
fine aqueuse, parfois aspect "lait
caillé" |
homogène, liquide |
| pH |
> 5 |
< 4.5 |
> 5 |
| Test à la potasse |
parfois positif |
négatif |
toujours positif |
| Examen microscopique |
ED : Trichomonas très mobile |
ED : levures ou filaments |
Gram : "Clues-cells", amas
bactérien de bacilles Gram neg. |
| Leucocytes/champ |
> 10 |
> 5 |
< 5 |
| Aspect |
![[Trichomonas vaginalis, Giemsa]](trichomonas-vaginalis-giemsa.jpg)
Trichomonas vaginalis, Giemsa |
![[Candida]](candida.jpg)
Candida : filaments et levures, examen direct. |
![[Gardnerella vaginalis, Gram]](gardnerella-vagin-gram.jpg)
"Clue cells", Gram |
| Traitement |
Métronidazole |
Nystatine ovules 6 J |
Métronidazole |
Les autres infections vaginales ou urétrales:
- Les gonococcies
- Les chlamydioses et infections à
Mycoplasma
- Les infections à bactéries communes (entérobactéries,
streptocoque, Haemophilus influenzae)
Elles sont rares, il faut que l'on retrouve plus de 50 % de la flore
vaginale composée de cocci Gram + ou de bacilles Gram - pour conclure à un
lien avec l'infection. Dans ce cas, le type de bactérie, sa morphologie et
sa coloration de Gram permettent d'orienter l'antibiothérapie.
- Les vaginites iatrogènes (rare)
Infection sur stérilet : Actinomyces et Bacteroides
Syndrome du choc toxique chez les femmes utilisant des tampons, du à Staphylococcus
aureus